Ne pas maigrir idiot

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Dans nos boites aux lettres, dans la rue, sur nos forums, des affiches, des prospectus, des pubs qui annoncent des remèdes extraordinaires pour mincir : “J’ai perdu 15 kilos en 30 jours“, “perdez du poids sans effort“, “cherche personnes sérieusement décidées à mincir“. Tout le monde pourrait même s’y laisser tenter.

Petite question préalable : Maigrir un peu, beaucoup ou pas du tout

— Il n'est pas sans intérêt de se demander si maigrir est un jeu qui en vaut la chandelle. Il y a beaucoup de candidats, mais peu d'élus.
— On se demandera ce qu'on attend de l'amaigrissement, ce qu'il changera dans notre existence, si on ne pourrait pas se contenter de perdre seulement une partie de son surpoids, voire ne rien perdre du tout.
— Sauf dans le cas d'un problème de santé majeur,
MAIGRIR N’EST PAS OBLIGATOIRE : C’EST UN CHOIX.
— On peut aussi choisir d’assumer son surpoids et profiter de la vie pendant qu’il en est temps. Si on fait ce choix, tous les problèmes ne seront cependant pas résolus : il faudra faire face à une société intolérante, apprendre à faire en sorte qu’elle n'empêche pas d’être heureux et de vivre pleinement son existence. Il faudra veiller aussi à sa santé, faire une minimum d'exercice physique, manger aussi sainement que possible, se soigner si on a de l’hypertension artérielle et des problèmes cardio-vasculaires, du diabète, des problèmes articulaires ou d’autres problèmes. Le fait de choisir de rester gros n’annulera pas par magie ses difficultés psychologiques: pourquoi ne pas se faire aider dans ce domaine aussi, si nécessaire ?

— Quoi qu’il en soit, on n'a qu'une seule vie et pas de temps à perdre : mieux vaut vivre tout de suite, ne pas attendre une minceur idéale et trop souvent mythique.

— Qu'on décide de maigrir ou de s'assumer tel qu'on est, il est toujours bon de comprendre les tenants et les aboutissants de ce à quoi nous sommes confrontés :

Une autre approche de l'amincissement  

On mange trop pour ses besoins parce qu'on ne tient pas compte des signaux que nous adresse notre corps.
— L'incapacité à percevoir ou prendre en compte les sensations alimentaires qui renseignent sur ses besoins physiologiques est un facteur d'obésité dont il faut tenir compte. On ne sait pas reconnaître la sensation de rassasiement, ou bien on la néglige parce qu'on ne mange pas par faim, mais pour des motifs d'ordre psychologique.
— Cet élément est particulièrement important dans la mesure où la pratique des régimes aggrave ces troubles de la perception des signaux alimentaires. Ainsi, les régimes à répétition, au lieu d'améliorer la situation, aggravent la maladie-obésité.

Pour parvenir à maigrir durablement, il faut :
— Se réconcilier avec les aliments, cesser de leur faire la guerre, réapprendre à manger de tout un peu.
— Apprendre à faire face à ses difficultés de vie autrement qu'en mangeant.

Changer de perspective face à la nourriture  


Manger en toute conscience
— 
Les nourritures les meilleures sont aussi, le plus souvent, les plus nourrissantes.
— Mais il n'est pas très rationnel de reprocher à la nourriture d'être nourrissante.
— Il vaut mieux manger ce qu'on aime, en profiter pleinement, sans culpabilité. On mangera donc de la viande et du poisson, des légumes et des fruits, du pain, du riz et des haricots, mais aussi des frites, des gâteaux et des biscuits, du chocolat et du foie gras.
— On dégustera ces aliments et on s'intéressera à leur goût, leur vrai goût, les sensations qu'ils procurent en bouche, pour en profiter pleinement.
— Que constate-t-on? Quand on a faim, ils paraissent délicieux. Plus on mange, et moins ils sont bons
au goût:
c'est le signe qu'on est rassasié.
— L'objectif est de devenir capable d'écouter son corps et de s'arrêter de manger quand on a suffisamment mangé.
— Les sensations de faim et de rassasiement sont le plus souvent niées et mises de côté chez les personnes qui font des régimes et qui mangent selon des plans rigides et préétablis. Il s'agit donc là d'une véritable rééducation du comportement alimentaire.
Voir pour plus de détails notre nouvelle page: Maigrir en dégustant, ce n'est pas dégoûtant.
Perdre de la nourriture pour perdre du poids
— 
Manger des bonnes choses est bien, à condition de ne pas en manger trop. Maigrir, c'est être capable de déceler la part de nourriture qui est en trop et savoir se contenter de celle qui est suffisante pour satisfaire ses besoins.
— Abandonner une partie des aliments qu'on a à sa disposition, y renoncer et en faire son deuil sont des actes difficiles pour la plupart des personnes en surpoids, qui nécessitent là encore une rééducation du comportement alimentaire et des progrès psychologiques.

Progresser sur le plan psychologique  

La réponse alimentaire face à un problème de nature non alimentaire:
— 
La consommation de nourritures en excès est très souvent une modalité de défense contre des difficultés psychologiques variées.
— Par exemple, trop manger anesthésie et évite d'avoir à affronter des pensées déplaisantes, des émotions auxquelles on ne parvient pas à faire face.
— On finit par manger pour ne pas avoir à s'appesantir sur les ratages amoureux et professionnels, les angoisses du lendemain et du surlendemain, les sentiments de culpabilité, les colères, les haines, les rancœurs, les frustrations, les insatisfactions de tous ordres.
— On en vient à entretenir ses difficultés avec son poids et son alimentation comme un démon familier: sa présence est certes douloureuse, mais elle nous protège d'autres démons, qu'on suppose pires encore.
— Pour parvenir à maigrir durablement, il convient de régler ses différents problèmes, faute de quoi on ne parviendra pas à diminuer ses prises alimentaires et juguler les compulsions.
— Une démarche psychologique doit être envisagée d’emblée dans le traitement des troubles du comportement alimentaire.

Par qui se faire aider ?  

Somaticien ou psy ?

— Un médecin généraliste, un médecin nutritionniste ou un diététicien qui ne considèrent l'obésité que sous son aspect diététique envisagent le problème dans une optique à court terme. Ils ne permettront, dans le meilleur des cas, que des résultats à court terme.
— Un psychologue ou un psychiatre qui ne considèrent que la dimension psychologique n'apportent eux aussi qu'une aide partielle. Les personnes en difficulté avec leur poids et leur alimentation ont souvent besoin d'une aide psychologique, mais celle-ci ne suffit pas à ce que le comportement alimentaire se modifie.
— Un thérapeute qui envisage le problème à la fois dans ses dimensions alimentaires et psychologiques, ou bien deux thérapeutes travaillant en coordination seront souvent plus efficaces.

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